Publié le 22 March 2012 à 15:11:48

Essai Peugeot 208 1.6 VTi 120 Allure et 1.6 e-HDi 115 Féline

Descendante de la 207 mais aussi héritière de la 205 qui devra s'assumer, la Peugeot 208 est la nouveauté la plus importante de l'année pour la marque sochalienne. D'après les conclusion de notre premier essai, au cours duquel nous avons pu tester les motorisations 1.6 e-HDi 115 et 1.6 VTi 120, elle semble très bien née et propose une vision un peu nouvelle de la citadine.

essai-peugeot-208-2012

Modèles essayés : Peugeot 208 1.6 VTi 120 Allure 5 portes et 1.6 e-HDi 115 Féline 3 portes
Prix : 17 500 € et 21 550 € / CO2 : 134 et 99 g./km

C'est un "lourd" héritage qu'a à supporter la toute nouvelle Peugeot 208, dont la commercialisation débute le 29 mars. Celui d'une "série 200" qui s'est écoulée à plus de 15 millions d'exemplaires depuis 1983 (205, 206, 206+, 207) et celui d'une 207 qui avait atteint les limites de la catégorie citadine, aussi bien en termes d'encombrement que de poids. Sans compter son style qui ne la différenciait pratiquement pas d'une 307 ou d'une 308. Nous avons pu tester plusieurs versions de la 208 pour réaliser cet essai qui se propose de répondre dans le détail au huit grandes questions qui se posent à propos de celle sur laquelle le Lion fonde de très grands espoirs et objectifs commerciaux (420 000 ventes annuelles en Europe pour devenir leader du segment).

Quel régime a-t-elle suivi ?

La ligne de la Peugeot 208 utilise les nouveaux codes stylistiques inaugurés par Peugeot avec le concept SR1 de 2010. On retrouve notamment la calandre flottante, la signature lumineuse particulière à l’avant, formée par les feux de jour à LED, et les feux arrière en forme de griffes. Ce qui donne au final un mélange assez réussi entre fluidité et musculature (surtout en version 3 portes) : un vrai félin cette petite lionne ! Mais ce qui frappe surtout quand on la découvre, c’est la cure d’amincissement dont elle semble sortir. Là où la 207 pouvait sembler avoir de l’embonpoint, la 208 paraît au contraire plus sèche, plus affinée avec ses flancs creusés et son profil sculpté. Il faut dire qu’entre ces deux modèles, la perte de poids dépasse les 100 kilos.

Peugeot 208

Une perte de poids qui s'accompagne d'une réduction de la taille : -7 centimètres à l'extérieur par rapport à la 207, pour une longueur de 3,96 mètres. Mais à l'intérieur, le gain de place est de 5 centimètres aux genoux, grâce notamment à des dossiers de siège avant moins épais. Le coffre profite également de cette architecture repensée. Sa capacité passe à 285 dm3, soit un gain non négligeable de 15 dm3.

L’intérieur est-il déroutant ?

Peugeot revendique –à raison– pour sa 208 un intérieur innovant avec un poste de conduite largement repensé. Il est caractérisé par trois éléments distincts et complémentaires : un combiné d’affichage positionné très haut sur la planche de bord, un petit volant au diamètre réduit par rapport à l’habitude et un écran multimédia tactile de 7 pouces qui trône en haut de la console centrale.

Peugeot 208

Quelques réglages sont de fait nécessaires avant d’arriver à trouver la position de conduite idéale. Il faut jouer sur la hauteur et la longueur du siège, ainsi que sur la profondeur mais surtout la hauteur du volant. Le but est d’éviter que la tranche supérieure de celui-ci gêne la visibilité sur le bas des compteurs, où cependant aucune information importante n’est dispensée grâce à la formule d’affichage en hauteur du combiné. Le but est donc de lire les information par-dessus le volant et non plus à travers lui. En fait, ce sont surtout les personnes ayant l’habitude de placer leur volant le plus haut possible qui vont devoir s’adapter mais qu’elles se rassurent, cela se fait très vite. Au bout de quelques instants, nous étions conquis par ce petit volant à placer en position basse. Réactif, il demande moins d’amplitude de mouvement pour les manœuvres en ville notamment et permet véritablement de « piloter » la voiture sur les routes sinueuses où les virages s’enchaînent. Quant à l’écran tactile, son fonctionnement est assez intuitif, notamment grâce à l’éclairage bleuté qui signale les touches et boutons virtuels qui sont activables. Regroupant les commandes d’autoradio, de musique (CD, USB et Bluetooth), de téléphonie et de navigation, il propose également en option les « Peugeot Connect Apps », des applications connectées permettant par exemple de trouver les places de parking ou les stations d’essence les moins chères aux environs, d'obtenir des informations trafic, etc. Les personnes habituées à utiliser un smartphone s’y feront très vite, mais les autres également.

Peugeot 208

La finition est-elle à la hauteur ?

Par rapport à la 207, la qualité perçue à bord monte d’un cran, notamment en finition haut de gamme Féline, grâce par exemple à la fine épaisseur de cuir qui recouvre la planche de bord et aux inserts chromés des portes. Dans les finitions d’entrée de gamme, ces éléments se transforment respectivement en plastique moussé et en applique noir laquée, c’est déjà ça. Même si de nombreux éléments restent en simple plastique dur, notamment au niveau de la console centrale, on peut dire que la finition est très correcte et les ajustements réalisés sans gros défauts apparents. C’est très propre et cela mérite d’être salué.

Peugeot 208

Quels équipements à bord ?

La Peugeot 208 est proposée en quatre niveaux de finition et d'équipement : Access, Active Allure, et Féline. Présent uniquement pour avoir une entrée de gamme sous les 12 000 euros, le niveau Access se contente de l'ABS, de l'ESP, des vitres avant électriques et du verrouillage centralisé. Il faut donc passer au niveau suivant Active (+ 1700 euros) pour bénéficier de la climatisation manuelle, de la banquette 2/3-1/3, du régulateur de vitesse, des rétroviseurs électriques et surtout de l'écran tactile multifonction (sans GPS, en option à partir de 490 euros).

Ça progresse sérieusement avec le niveau Allure (+1 500 euros en moyenne) qui intègre la climatisation automatique, les feux de jour à LED, l'allumage automatique des feux et des essuie-glaces, les jantes alliages 16 pouces, les antibrouillards et quelques éléments de style comme des chromes et des sièges sport. Le GPS reste en option.

Enfin, le niveau haut de gamme Féline ajoute les vitres électriques arrière, l'aide au stationnement arrière, le GPS, les jantes 17 pouces, le toit panoramique et les rétroviseurs extérieurs rabattables à la télécommande. On note que la peinture métallisée est en option à 450 euros et qu'à aucun moment il n'est proposé de système de démarrage sans clé ou d'équipement de sécurité comme le régulateur adaptatif ou l'aide au stationnement avant.

Que valent les motorisations proposées ?

A son lancement, la Peugeot 208 est proposée avec une motorisations Diesel HDi d’entrée de gamme (1.4 HDi 68 ch), trois motorisation Diesel e-HDi Stop & Start « cœur de gamme » (1.4 e-HDi 68 ch, 1.6 e-HDi 92 ch et 1.6 e-HDi 115 ch) et une motorisation essence plus puissante (1.6 VTi 120 ch). Les version essence à 3 cylindres 68 et 82 chevaux et 4 cylindres THP 155 chevaux arriveront sur le marché un peu plus tard (lire plus bas). Nous avons pu prendre en main la Peugeot 208 en version essence 1.6 VTi 120 et Diesel 1.6 e-HDi 115.

Passons rapidement sur le 1.6 VTi 120, qui souffre dans les accélérations et les reprises malgré la perte de poids par rapport à la 207. En cause : un allongement exagéré des rapports, qui plus est cantonnés à 5 unités alors que le Diesel 1.6 e-HDi 115 équivalent a droit à une boite à 6 rapports mieux étagés. Nous avons mesuré une consommation comprise entre 7 et 8 litres/100 km selon le style de conduite.

Plus onctueux grâce à un couple de 270 Nm supérieur de 110 Nm à celui du VTi 120, le moteur 1.6 e-HDi 115 fait également preuve de vigueur pour s'adapter à toutes les situations. Assez discret, il bénéficie en outre de l'apport d'un Stop & Start évolué capable de le couper dès qu'on passe sous la barre des 20 km/h avant de s'arrêter à un stop ou un feu rouge. Il se contente donc de 99 grammes de CO2/km pour un bonus écologique de 100 euros. Mais en situation, on reste tout de même loin des 3,8 litres/100 km annoncés par Peugeot. Avec une conduite assez soutenue, nous avons avoisiné les 6 litres/100 km.

A conduire cela donne quoi ?

Moins lourde que la 207, la 208 est moins « scotchée » à la route. Mais elle conserve des qualités dynamiques indéniables qui lui offrent un comportement sain et sécurisant, avec une tenue de route impeccable et une direction vive et précise, malgré un tout petit jeu au point zéro. Ce qui n'empêche pas les passagers de voyager confortablement, l'amortissement n'étant pas aussi dur que parfois chez Peugeot. Sans parler de compromis, l'équilibre trouvé est très prometteur et la future Clio IV va devoir s'accrocher pour faire aussi bien.

Et le nouveau moteur 3 cylindres ?

Le nouveau moteur essence 3 cylindres, développé pour la 208 en version VTi 68 et VTi 82 chevaux, ne sera proposé qu’à partir de cet été (début juillet) en concession. Cependant, nous avons pu essayer une présérie de cette motorisation (version 82 chevaux), pour un petit parcours routier et urbain. Il se distingue par sa sonorité singulière pas désagréable mais plus présente à bord que celle d’un 4 cylindres, et par son peps bien sympathique. Les 82 chevaux sont bien là, aucun n’a été oublié en route. C’est parfait pour la ville et les petits parcours, mais déjà un peu limite pour l’autoroute ou lorsque le bitume s’élève. Côté consommation, nous avons relevé une moyenne tournant aux alentours de 6,5 litres/100 km, mais nul doute que ceci sera encore légèrement optimisé pour la sortie. Avec cette motorisation 3 cylindres VTi 82 chevaux, la 208 est en effet annoncée à 4,5 litres/100 km et 104 grammes de CO2 (4,3 litres et 99 grammes pour le petit VTi 68).

Qu’en est-il des tarifs ?

Moins chère à produire que la 207, la 208 est logiquement vendue à un prix d’appel plus bas que pour sa devancière : 11 950 euros pour la version d’entrée de gamme 1.0 VTi 68 chevaux Access (1er niveau) en 3 portes (+600 euros pour la 5 portes). En cœur de gamme, on trouve par exemple la version 1.6 e-HDi 92 Allure (2e niveau) à 18 550 euros et la version 1.6 VTi 120 Allure à 17 200 euros. Nos versions essayées coûtaient quant à elle 17 500 euros pour la 1.6 VTi 120 Allure 5 portes et 21 550 euros pour la 1.6 e-HDi 115 Féline 3 portes. C'est moins cher que ce qui est demandé pour la Renault Clio à finition et motorisation à peu près équivalente.

Conclusion

Bien pensée et bien née, la Peugeot 208 a toutes les cartes en main pour conquérir le leadership sur le marché français des citadines, et essayer de le conserver lorsque Renault lui opposera sa Clio IV. Elle peut même viser l'Europe à condition que les petites motorisation essence 3 cylindres tiennent leurs promesses. Sur ce que nous avons vu, ça devrait être le cas. En attendant, elle peut miser sur son style, ses qualités routières et son intérieur innovant et intéressant pour réussir une première percée pour le marché. Elle sera bien aidée en cela par ses tarifs assez agressifs et sa gamme de motorisation e-HDi qui devraient constituer le gros des ventes.

On aime
La ligne et le style
La perte de poids et de longueur par rapport à la 207
Le choix de motorisations (même en attendant les 3 cylindres)
La tenue de route et le comportement
Le tarif d'entrée de gamme
L'intérieur avec son écran central

On aime moins
L'absence de 6e rapport et de Stop & Start sur la motorisation VTi 120
Le niveau d'équipement très faible de l'entrée de gamme
La marche arrière qui a parfois du mal à passer
L'allongement forcé des rapports sur les boîtes de vitesse
Le lecteur CD qui prend de la place dans la boîte à gants.

Peugeot 208

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Par Emmanuel Genty

 
Mots clés associés
208, citadine, e-HDi, VTi
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