Avec sa bonne bouille, la MiTo a ouvert l’univers d’Alfa aux non-initiés. Souvent comparée à la Mini, la première citadine de la marque est efficace, ergonomique et bien équipée. Aujourd’hui, Alfa lui donne l’envergure d’une sportive, en dotant sa MiTo 1.4L MultiAir 135 ch d’une boîte robotisée à transmission à double embrayage appelée TCT ou DDCT.
Avec ce système, on utilise (sans s’en rendre compte) deux embrayages avec des passages de rapports courts. Ce procédé permet de passer la vitesse suivante alors que la précédente est toujours enclenchée. De cette façon, le couple reste continu, contrairement aux boîtes automatiques traditionnelles qui peuvent donner le mal de mer lors des passages de vitesse. De fait, comme il n’y a pas de rupture, la consommation baisse et le confort augmente.
Avec cette transmission, les embrayages ne baignent plus dans l’huile. Alfa adopte donc une technologie similaire à celle adoptée par Volkswagen avec sa boîte DSG ou Renault et sa boîte EDC. La transmission comprend six rapports et techniquement, un septième pourrait être ajouté. Sur le papier, le bénéfice est séduisant : on obtient une consommation stable et bien moins importante qu’une boîte manuelle (5,5 l/100 en mixte) et des accélérations plus vives.
Autres atouts : en plus de la boîte TCT, la MiTo est également équipée du système DNA du constructeur. Un dispositif que l’on retrouve également sur l’Alfa Romeo Guilietta et qui permet d’ajuster automatiquement la sensibilité de la direction, le répondant du moteur, le freinage, les suspensions et la boîte de vitesse, en fonction de trois modes de conduite : Dynamique, Normal ou tout temps.
Passons à la pratique : Rond-Point des Champs Elysées en pleine heure de pointe, nous débutons l’essai. En route pour un trajet de près de 200 kilomètres, combinant des zones urbaines, de l’autoroute et des routes de campagne. Sport, c’est sport ! Alors pour évacuer plus rapidement la capitale, nous commençons à positionner le commutateur DNA sur D comme Dynamique. Attention ! Il faut maintenir franchement quelques secondes le poussoir, afin que le mode s’active réellement. Ensuite, on écrase la pédale pour quitter rapidement le rond-point de l’arc de Triomphe. Malgré un peu d’inertie au démarrage, les accélérations sont franches. On constate rapidement que lorsque la pédale est relâchée, le système ne passe pas le rapport supérieur. Toutefois, lorsque l’on passe le commutateur DNA sur N (Normal), ce n’est pas le cas et le système passe la vitesse. Dans ce même mode, la direction semble beaucoup moins précise, voire floue.
Un système Stop & Start pour chercher les économies
Premier arrêt au feu rouge. Pieds sur la pédale de frein, après 3 ou 4 secondes le système Start/Stop prend le relais et coupe le moteur. Combiné à la transmission, ce système permettra de réduire considérablement la facture énergétique. Feu vert, le démarrage reprend sans peine, mais avec un léger décalage. On remarque que la voiture a tendance à donner des légers à-coups à bas régime, mais rien de rédhibitoire. À allure normale, les rapports changent sans que l’on s’en rende vraiment compte en raison du double-débrayage.
Voici le périphérique. La circulation est relativement fluide. Passés les 70 km/h il est désormais impossible de changer de mode DNA.
Après la monotonie de l’autoroute, c’est sur les routes de campagne que la MiTo montre réellement le potentiel de sa boîte. Elle rétrograde de façon précise dans les côtes et dès que l’on adopte le mode sport avec une conduite franche, elle étonne notamment dans les virages, où elle est capable de passer des vitesses sans à-coups, ce qui permet à n’importe quel débutant de piloter la voiture de façon sportive.
Les Alfistes ne seront pas déçus
Evidemment lorsque l’on est Alfiste, il est difficile de concevoir le pilotage d’une Alfa sans passer de vitesses. C’est prévu ! Il suffit de basculer la commande de vitesses vers la gauche pour enclencher le mode semi-automatique. Les petites palettes situées derrière le volant permettent de passer les rapports manuellement. Toujours sans à-coup, les vitesses se passent rapidement. Reste le confort de la MiTo. L’auto vire quasiment à plat, en revanche, malgré les sièges de bonne facture, on ressent bien les imperfections de la route, ce qui peut rendre la conduite quelque peu fatigante au bout d’un moment. Au final, après 200 km de parcours et sans trop forcer en raison d’une météo capricieuse (neige !), la consommation mixte s’est élevée à 8,3 litres/100 km.
Pendant tout le trajet, nous avons pu apprécier l’habitacle doté d’une planche de bord recouverte d’un habillage rappelant la fibre de carbone. Pas grand-chose à dire sinon la piètre qualité des plastiques de la console centrale et un GPS peu lisible et remuant sur son socle.
Pour ce qui est de l’audio, surprise ! Le Media center se montre séduisant, notamment avec son système Bluetooth et ses commandes au volant. Une petite prise USB située juste à l’arrière de la poignée de vitesse permet également de connecter une clé USB et éventuellement un baladeur pour en lire la musique. Eventuellement, car lors de notre test, le système s’avérait tout bonnement incapable de lire les pistes contenues dans un iPhone. Avec un iPod, la détection du baladeur était possible, mais le système se contentait de lire en boucle les messages d’encouragement d’une application prévue pour la course à pieds. Un problème de « codecs » soi-disant, mais qui se règle grâce à un adaptateur et qui sera définitivement optimisé dans l’avenir.
L’Alfa Romeo MiTo 1.4 MultiAir 135 ch avec transmission TCT est disponible à partir de 20 550 euros, soit un supplément de 1750 euros par rapport à une boite manuelle. Elle se décline en version Distinctive, Latina et Selective.
Indiscret
Alfa Romeo peaufine ses gammes et prévoit plusieurs nouveautés de 2012 à 2014. Ainsi, la 159 serait remplacée par une nouvelle berline et un break. Le constructeur compte aussi commercialiser deux SUV, ainsi que le légendaire Spider. Tous ces modèles pourraient bien être équipés de cette transmission TCT.
Caractéristiques techniques de la boîte Alfa TCT :
• 6 rapports synchronisés (un 7ème rapport peut être ajouté)
• Couple maximum transmissible de 350 Nm
• Trois arbres, un d’entrée (primaire) et deux secondaires (supérieur et inférieur)
• L’arbre primaire se compose de deux demi-arbres coaxiaux
• Double embrayage à sec
• Double actionneur hydraulique pour les embrayages
• Boîte de vitesses mécanique à renvoi fixe
• Marche arrière synchronisée
• Engrenage libre pour l’enclenchement de la marche arrière
• Pignons à dents hélicoïdales (engrenage marche arrière à dents droites)
• Différentiel spécifique intégré au carter de la boîte
• Frein sur différentiel pour fonction « Stationnement »
• Corps de boîte divisé en deux demi-coques en aluminium
• Robot électro-hydraulique pour actionnement de l’embrayage et du changement de vitesse
• Centrale dédiée
• Poids : 81 kg avec huile et liquide hydraulique
Alfa MiTo 1.4 TB MultiAir 135 Alfa TCT
Puissance réelle : 135 ch CEE (99 kW) à 5 000 tr/mn
Couple : 23,4 mkg (230 Nm) à 1 750 tr/mn
Poids : 1 170 kg / Poids remorquable : 500 kg
Vitesse maximale sur circuit : 207 km/h
Accélérations de 0 à 100 km/h : 8,2 sec
Consommations (l/100) en cycle urbain/ extra-urbain /mixte : 7,1/4,5/5,5
Tarifs
Alfa MiTo 1.4 TB MultiAir 135 Alfa TCT Distinctive 20 550 € 7 cv 126 g/km
Alfa MiTo 1.4 TB MultiAir 135 Alfa TCT Latina 21 500 € 7 cv 126 g/km
Alfa MiTo 1.4 TB MultiAir 135 Alfa TCT Selective 22 250 € 7 cv 126 g/km







